Régimes de retraite: à quoi doit-on s'attendre? Partie 1: survol de la situation actuelle
Le système québécois de la retraite est présentement à la croisée des chemins. Syndicats, patronat, élus, tout le monde s’entend pour dire que le statu quo n’est plus possible. Toutefois, on s’en doute, les solutions avancées par les uns et les autres diffèrent énormément. Comme toutes et tous nous sommes concernées par cette question, le Comité de retraite-assurances du SEUQAM vous propose donc cette série d’articles pour mieux comprendre les enjeux entourant l’avenir des régimes de retraite au Québec et particulièrement celui de notre régime de retraite. Nous commençons aujourd’hui par un bref survol du système québécois de retraite.
Survol de la situation actuelle
À l’origine, le système de retraite québécois a été mis en place pour assurer un revenu de base aux personnes âgées et permettre le maintien du niveau de vie après la retraite. Reposant en grande partie sur la solidarité entre les générations il est censé assurer un revenu minimal à tous les citoyens. Qu’en est-il dans les faits? Le système québécois de retraite répond-il à la commande?
On calcule généralement que pour avoir une retraite confortable on doit avoir un revenu de retraite équivalent ou supérieur à 70 % de ce que l’on gagnait durant nos dernières années de travail. Malheureusement, selon la Régie des rentes, à peine
27 % ont un « potentiel élevé d’atteinte d’un niveau adéquat de remplacement du revenu ». Un survol de notre système de retraite nous permettra de comprendre pourquoi la Régie en arrive à cette conclusion.
À la retraite, nous pourrons compter sur trois principales sources de revenus:
• les prestations de retraite des gouvernements;
• les régimes complémentaires;
• les économies et investissements personnels.
Prestations de retraite des gouvernements
Les gouvernements offrent les prestations de retraite suivantes :
• la Pension de Sécurité de la vieillesse (PSV) – à 65 ans, maximum de 6 481 $;
• le Supplément de revenu garanti (SRG) – à 65 ans, maximum de 8 788 $;
• la rente du Régime des rentes du Québec (RRQ) – à partir de 60 ans avec pénalité, rente complète à 65 ans, maximum de 11 840 $.
Mentionnons qu’en raison des méthodes de calcul appliquées, en 2012 le revenu total provenant de l’ensemble des régimes publics ne peut dépasser 20 587 $, un revenu inférieur au seuil de pauvreté pour une personne seule dans une grande ville. Comme nous le constatons, les prestations de retraite des gouvernements fournissent donc une base modeste sur laquelle on peut fonder son revenu de retraite.
Régimes complémentaires
C’est la faiblesse des régimes publics qui a forcé l’implantation de régimes complémentaires :
• le Régime enregistré d’épargne retraite (REER) ;
• les régimes de retraite de l’employeur.
Étant perçus comme la clé pour le maintien du niveau de vie à la retraite ces régimes complémentaires bénéficient d’une aide fiscale considérable de l’État : les contributions tant à un REER qu’à un régime de retraite sont déductibles de nos revenus imposables. Malgré cela, à peine quatre travailleurs sur dix sont couverts par un régime de retraite au travail et selon Statistiques Canada, en 2010, près de trois personnes sur quatre n’ont pas contribué de nouveaux montants à un REER.
Économies et investissements personnels
Entrent dans cette catégorie tout ce que l’on peut posséder, par exemple :
• maison;
• revenu de location;
• oeuvres d’art;
• compte d’épargne;
• actions, obligations en dehors d’un REER.
Bien sûr, on peut n’avoir ni régime de retraite au travail, ni REER et réussir à accumuler une petite fortune. Avouons toutefois que ce n’est pas la réalité pour la majorité d’entre nous. Donc cette source de revenus potentielle ne sera signifiante que pour un faible pourcentage de la population.
Conclusion? Notre système de retraite ne répond pas à la commande puisque tel qu’il fonctionne actuellement, une majorité de personnes sont en quelque sorte laissées pour compte. Un indice? En 2008, plus de la moitié des québécois de plus de 65 ans recevait une prestation du Supplément de revenu garanti, un programme qui vise les personnes âgées à faible revenu (en quelque sorte l’aide sociale des 65 ans et plus).
Dans le prochain article, nous ferons le point sur les régimes de retraite à prestations déterminées et les régimes de retraite à cotisations déterminées.
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