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Chauffeur du recteur : un dossier qui ne tourne pas rond

Depuis plusieurs années, un des membres du SEUQAM agit comme chauffeur du recteur. Il a obtenu le poste en 2005 à la suite d’un affichage et tout s’est bien passé jusqu’à ce qu’il s’absente, l’automne dernier, dans le cadre d’un congé autorisé.

À son retour au travail, on lui a annoncé qu’il n’agirait plus comme chauffeur du recteur, qu’on lui confierait d’autres tâches. Il a eu beau questionner pour savoir pourquoi, la réponse ne venait toujours pas. Il aura fallu l’intervention du Syndicat pour qu’on nous fournisse des précisions :

  • L’Université a décidé d’embaucher un spécialiste en méthode de garde rapprochée qui aura la responsabilité de rédiger une politique de sécurité pour les membres de la direction, principalement pour le recteur.
  • Ce spécialiste pourrait, au besoin, jouer le rôle de chauffeur/garde du corps.
  • Cette décision est motivée, entre autres, par les événements survenus à l’École Polytechnique en 1989 et au collège Dawson en 2006.
  • L’Université veut que le chauffeur du recteur détienne un DEC en techniques policières.

Ces explications, obtenues de l’employeur après plusieurs demandes de la part du Syndicat, soulèvent de nombreuses questions.

Lors des discussions en 2005 sur la description de fonction, le Syndicat avait tenté de faire intégrer un volet « sécurité » dans les tâches du chauffeur du recteur, mais les représentantes de l’Université avaient alors minimisé l’importance de cette dimension du travail. Alors, qu’est-ce qui justifie aujourd’hui un revirement soudain dans la position de l’employeur?  

Pourquoi l’Université a-t-elle besoin d’embaucher un spécialiste? Dans un Service de prévention et de sécurité de la taille de celui de l’UQAM, ne devrait-il pas déjà y avoir quelqu’un avec une expertise suffisante pour rédiger une politique de sécurité, par exemple le directeur du service?

En quoi les événements survenus à l’École Polytechnique et au collège Dawson ont-ils un lien avec cette préoccupation soudaine pour la sécurité du recteur ou des membres de la direction? À notre connaissance, les actes qui s’y sont déroulés n’étaient d’aucune façon dirigés contre des membres de direction de ces établissements.

Pourquoi faudrait-il absolument que le chauffeur du recteur détienne un DEC en techniques policières? Une fois la politique de sécurité rédigée, on pourrait offrir une formation au chauffeur actuel pour qu’il puisse mettre en application les mesures recommandées. De plus, le salaire annuel d’une personne diplômée en techniques policières sera des milliers de dollars plus élevé que le salaire du chauffeur actuel. À qui demandera-t-on de faire des sacrifices pour éponger cette dépense additionnelle?

À tout faire, si la direction veut vraiment dépenser plus pour assurer sa sécurité, pourquoi ne pas plutôt envisager l’achat d’une papemobile usagée? Le Vatican en a plusieurs et accepterait peut-être d’en céder une à un prix raisonnable.

Bref, les arguments de la direction de l’Université et du directeur du Service de la prévention et de la sécurité sont loin d’être convaincants et on se demande encore pourquoi ils ont retiré à notre collègue ses tâches de chauffeur du recteur.

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Pourquoi pas une papemobile pour le recteur?